Isolement / solitude

L’ultra moderne solitude, dit la chanson de Souchon. Elle pousse en ville. Un « ménage » urbain, c’est souvent une seule personne…

Définition

Vivre seul ne signifie pas obligatoirement se sentir seul. Au contraire, on peut se sentir seul en étant très entouré et avoir une vie sociale développée. Il n’empêche, la ville a la spécificité d’accueillir de nombreuses personnes seules… dont certaines vivent parfois dans un profond sentiment d’isolement. La solitude peut ainsi être liée à différents facteurs : vieillissement, désocialisation liée à l’emploi, ruptures familiales, déracinement…

Éléments de débat

 

Le phénomène de solitude en ville mérite une grande attention, car il révèle des problématiques sociales et personnelles fortes. Une personne éloignée de toute famille et privée de tout lien amical ou relationnel se retrouve rapidement en péril physique ou mental au moment d’affronter un accident ou un incident de la vie.

Il faut toutefois affirmer en même temps que vivre seul est aussi un choix revendiqué par de nombreuses personnes, qui ne sont d’ailleurs pas forcément isolées. Ainsi, la volonté de ne pas « vivre en couple » peut donner le statut de célibataire… à quelqu’un qui « vit un couple » mais sans les modalités domestiques d’un ménage.
Les aînés. Le vieillissement de la population devrait entraîner la progression du nombre de personnes âgées vivant seules dans leur logement. Il faut se poser la question des propositions de logement et de services à faire à ces aînés, mais aussi de liens de solidarité à créer pour éviter que la solitude ne soit un isolement.
Les jeunes. Souvent parce qu’ils sont précarisés ou éloignés de leurs racines familiales et amicales par l’emploi, ou le manque d’emploi, par les études, par le manque de moyens financiers… les jeunes aussi vivent seuls. Il faut se poser la question de l’offre de sociabilité et d’accès aux loisirs à leur proposer.
Les nouvelles solitudes… La réalité de la solitude, qui touche une part de population qui a du pouvoir d’achat, a généré un
« marketing de la solitude », avec des produits qui proposent des moyens plus ou moins qualitatifs : « speed dating », vacances pour personnes seules, et bien sûr rencontres sur internet… Les technologies de la communication (internet mais aussi la téléphonie) ont d’ailleurs pu créer l’illusion de facilement multiplier les contacts et les réseaux. Mais le cyber-relationnel suffit-il pour sortir de la solitude  ?
 

Chiffres clés

 

Sur Nantes Métropole, 103 600 personnes vivent seules dans leur logement (2007) soit 39 % des ménages (30 % en 1990)

  • 52 % sont des actifs, 31 % des retraités et 17 % dans une autre situation (inactifs, étudiants…)
  • 17 % ont plus de 75 ans (10 % en 1990)

En France :

  • 36 % des Français déclarent se sentir souvent seuls. Les périodes de la vie où l’on souffrirait le plus de solitude seraient à l’âge le plus actif (30-45 ans) et au très grand âge (85 ans et plus). Même s’il revêt des aspects différents, le sentiment de solitude est aussi fort en ville qu’à la campagne. En revanche, il est plus important chez les personnes faiblement diplômées, les chômeurs et chez les personnes ayant des problèmes de santé.