Lieu de mémoire

« Un lieu de mémoire va de l’objet le plus matériel et concret, éventuellement géographiquement situé, à l’objet le plus abstrait et intellectuellement construit » Pierre Nora

Définition

Littéralement, portion de l'espace où l'on se souvient… Le concept de lieu de mémoire émerge dans les années 1970 et se réfère à l’histoire collective, tout à la fois moyen d'ancrer le souvenir dans le territoire, afin de le rendre « visible » aux habitants, et lieu qui en lui-même recèle l'histoire de la ville et de sa population.
L'attachement de la mémoire à un lieu facilite sa permanence et sa transmission. Les lieux de mémoire prennent des formes très diverses, entre l'érection de monuments, le baptême d'un site existant, la pose de plaques commémoratives… Lieu et mémoire sont tout à la fois personnels et collectifs. C'est pourquoi le lieu de mémoire, comme tout élément identitaire, peut susciter adhésions et rejets. En elles-mêmes, ces réactions témoignent de l’histoire de la ville.
Apparaît aujourd’hui la notion de « tracés », parcours faits de plusieurs lieux de mémoire, pour inscrire le souvenir dans le présent et la découverte de la ville et du territoire.

Éléments de débat

Le débat sur les lieux de mémoire est très important dans l'agglomération nantaise, compte tenu de son histoire prégnante liée à la traite négrière. Attacher une mémoire à un lieu, c'est en choisir une parmi d'autres. Ce peut être aussi dédier un lieu existant à la commémoration, à l'instar du Mémorial à l'abolition de l'esclavage qui prendra place Quai de la Fosse, où accostaient les navires négriers.

Pour autant peut-on réduire la mémoire d'un événement historique à un monument ?
Inversement, peut-on s'approprier le souvenir de personnes ou d'un groupe ?
Et puis, la mémoire et l'histoire peuvent-elles se réduire à un parcours de lieu à lieu ?