« Sound of life », la bande son de 2030 par les lycéens de Jules Rieffel!
Des bandes sons qui illustrent des questions de Ma Ville Demain, ça vous dit ? Ce sont des élèves de seconde du lycée agricole Jules Rieffel (Saint-Herblain) qui se sont livrés à l’exercice. Un moyen d’expression encore inédit dans le cadre de la démarche : alors n’hésitez pas à mettre le son!
A partir des questions 7, 8 et 9 de Ma Ville Demain, les élèves ont réfléchi au vivre ensemble et au rôle des nouvelles technologies demain. Puis, par groupe de 2 ou 3, ils ont traduit leur vision en enregistrant une capsule sonore d’une trentaine de secondes. Lors de la restitution, ils nous ont expliqué leur travail.
Krap Rutuf, de Claire, Jean et Florimond.
« Tout est concentré dans un seul lieu gigantesque où les gens peuvent se rencontrer, échanger. Ce lieu regroupe plusieurs activités comme un restaurant, un parc des sports, une librairie, un jardin etc... »
L’idée de ce groupe est qu’il doit exister des lieux dans l’agglomération où plusieurs types d’activités sont concentrés, afin de favoriser les rencontres. Le sport est important, car il permet de créer des liens, notamment intergénérationnels (quand les parents viennent voir jouer leurs enfants). Pour ces jeunes, les rencontres semblent être des moments privilégiés : « c’est important d’être avec d’autres gens ».
Va voter et tu pourras râler, de Lauralie et Samuel.
Ecouter Va voter et tu pourras râler
« En 2030, le robot est partout. On ne peut lui échapper. Même le vote est informatisé. »
Les nouvelles technologies sont un sujet de prédilection pour ces jeunes, on aura l’occasion de le voir plus bas. L’idée ici est de montrer qu’en 2030 le vote sera informatisé, et enregistré directement dans une base de données. Et quand on demande à ces jeunes qui ne sont pas encore majeurs s’il faudrait ou pas rabaisser le droit de vote, la réponse est catégorique, c’est non ! Le droit de vote, c’est à partir de 18 ans, avant on n’a pas une vision assez claire de la politique !
L'informatique en 2030, de Mickaël, Tristan, Arthur et Déborah
Ecouter L'informatique en 2030
Les technologies tactiles n'étant pas faciles à représenter de façon sonore, ces lycéens se sont rabattus sur les sons de l'informatique, pour montrer qu'en 2030, les nouvelles technologies seront partout. Avec une vision assez pessimiste: l'informatique perdra l'humanité, notamment parce que les réseaux sociaux limiteront les relations humaines.
Jésus II : le retour, de Clarisse et Coline.
« Ce message est un avertissement et un conseil. Pour votre sécurité, nous vous prions de resserrer les liens qui nous unissent afin d'empêcher l'individualisme et l'insociabilité qui nous mèneraient à une fin proche… »
Les deux jeunes filles expliquent leur travail : la petite voix symbolise un nouveau messie qui vient sur Terre pour dire aux hommes de se parler, tout comme Jésus à son époque. Les technologies ont fait apparaître une solitude nouvelle, liée au monde virtuel, dont les jeunes sont très conscients.
Geek sex and sun, de Nicolas et Victor.
« Il faut savoir maîtriser Internet, si tu ne veux pas qu'Internet te maîtrise... »
Nos lycéens ont une capacité de recul sur Internet, qui n’est qu’un outil, avec du bon et du moins bon. Du côté positif, les nouvelles technologies facilitent la vie (possibilité de faire ses courses en ligne, ses démarches bancaires, d’effectuer certains paiements par téléphone…), et les sites seront de plus en plus performants.
Du côté négatif, les risques de dépendance, par rapport aux jeux vidéo, par rapport aux possibilités d’avoir une vie virtuelle sur le web. Petit à petit, il y a un risque que l’humain disparaisse (à tel point qu’il existe maintenant des robots chiens, que les Japonais préfèrent aux vrais chiens, paraît-il ; et dans certains hôpitaux, les patients reçoivent leurs médicaments grâce à un système robotisé, sans la visite d’une infirmière).
Ainsi, Internet simplifie la vie et permet de gagner du temps, mais si c’est pour rester plus longtemps devant Facebook… où est l’intérêt ? « Les gens ne prennent plus le temps de rien ».
Une chose est sûre, en 2030, les nouvelles technologies seront partout, encore plus qu’aujourd’hui, alors « faudra s’autogérer » pour ne pas tomber dans la dépendance !
Geek Life, de Maureen et Morgane.
« Les réseaux sociaux, un moyen d'échange culturel et social ou une drogue pour la société ? To be or not to be, that is the question ! »
Les réseaux sociaux sont pour ces jeunes, intarissables sur le sujet, à la fois attirants et répulsifs : ils constatent le voyeurisme dont certains font preuve, et ont conscience que les informations qu’ils y déposent sont stockées et utilisées, à des fins commerciales notamment. Ils ne sont pas d’accord, mais en même temps « on dit ça, mais on y va tous quand même sur Facebook ! ».
Desperados’s road, de Louise et Benoît.
« Quand on a de l'argent, tout est possible ! »
Cette capsule est plus symbolique. L’idée que ces deux lycéens veulent faire passer, c’est que plus d’impôts locaux permettrait de financer plus d’actions sociales, notamment dans les transports collectifs et l’environnement. Ainsi, le son des pièces de monnaie symbolise l’impôt, et le fond sonore les transports collectifs.
Les jeunes espèrent que les transports collectifs continueront à se développer (et aussi dans les campagnes !). Et qu’on aura recours à des façons plus innovantes de les faire avancer, à l’image de ce qui se fait à Stockholm, où ce sont les déchets (recyclés en gaz) qui servent de combustibles aux bus. En 2030, il est probable que la France aura abandonné le nucléaire.
Das fiesta of các metropoly nantaise, de Mégane, Maëva et Nicolas.
Ecouter Das fiesta of các metropoly nantaise
« D'ici quelques années, beaucoup de lieux de rencontres seront créés. Ce seront des endroits où de multiples langues se côtoieront dans différents lieux de festivité créés pour cette occasion. »
Et on finit sur un air de fête ! Ces jeunes voulaient montrer l’importance des lieux de rencontre, les langues étrangères symbolisant l’importance des échanges. En 2030, il y aura encore plus de mélanges qu’aujourd’hui. Beaucoup iront faire leurs études à l’étranger, beaucoup d’étrangers viendront faire leurs études à Nantes. Si on observe des tendances au repli sur soi, ces jeunes estiment que leurs générations sont plus tolérantes que les précédentes. Néanmoins, il reste des progrès à faire, car si les jeunes se disent sensibilisés au problème du racisme, ils ne le sont pas suffisamment à leur goût à celui du handicap.
Quelles sont finalement pour eux les valeurs à conserver ? Le respect (le lycée Jules Rieffel a d’ailleurs fait une formation d’une journée sur ce thème) est une valeur qui les touche : respecter l’autre pour ce qu’il est et lutter contre toutes les formes de discrimination (racisme, sexisme, homophobie…). Il faut combattre les idées reçues en apprenant à connaître l’autre.
Quelle ville veulent-ils pour demain ? Une ville sans tours, avec de la verdure et de grandes places, une ville plus écologique, sans voitures mais avec des vélos et des transports en commun plus efficaces, une Loire… bleue, des bâtiments plus colorés, des innovations comme les réseaux de chaleur.
Toute l’équipe Ma Ville Demain remercie chaleureusement ces élèves et leur professeur d’avoir pris le temps de discuter un peu de l’avenir et de leur vie dans la ville de demain.