L'Abcd'ère, les premiers mots du débat

Lors de la « mise en mouvement », première étape de la démarche, l’Auran a publié L’Abcd’ère, les premiers mots du débat. Ma Ville Demain est une conversation destinée à durer deux ans, elle nécessitait donc dans un premier temps de se mettre d’accord sur les termes et les mots employés, sans pour autant enfermer la discussion dans une pensée déjà organisée.

Comment dresser un diagnostic original de la métropole nantaise ? Le choix s'est porté sur le format de l’abécédaire, présenté comme un ouvrage non exhaustif : les internautes l’ont commenté (près de 500 commentaires respectant les règles de modération du site internet ont été publiés, tous classés et analysés), des lycéens s’en sont saisis, des ateliers prospectifs se sont appuyés dessus… D’où une impressionnante richesse !

Certains se lancent dans un exercice poétique, d’autres dans de la science fiction. D’autres, pragmatiques, évoquent des pistes d’amélioration de l’existant, d’autres encore font partager leur vision de la vie. La plupart souligne ce qui ne va pas : identifier ce qui dysfonctionne dans le but d’améliorer les choses demain est la première marche vers la prospective ! Les lycéens de Jules Rieffel ont refait l’exercice de l’abécédaire, l’association PiNG s’en est saisie pour pousser sa propre réflexion sur la place du numérique dans la société.

L'Abcd'ère, les principaux enjeux

Voici donc listés les principaux enjeux qui ressortent de l’analyse de tous les commentaires liés à L’Abcd’ère, avec à chaque fois quelques citations d’internautes ou de lycéens.

Favoriser le vivre ensemble, notamment par la forme de la ville et le renforcement des solidarités

Les jardins familiaux, le positionnement du centre-ville entre lieu de passage et lieu de vie, lieu festif et lieu d’habitat, l’importance des espaces publics, la nécessité d’innover dans le logement, l’accessibilité pour les personnes handicapées, la diversité culturelle, générationnelle, sociale, les solidarités…

« Il est incontournable pour une agglo de s’occuper de ses vieux (…). Se préparer des maisons de retraite qui nous plairont. »
Isabelle, Nantes, 08/03/2011

« Et si en 2030 il y avait plus de jeunes, il y aurait aussi plus de chômage. Faisons attention à l’avenir des jeunes ! »
Chloé et Valentin, lycée Jules Rieffel

« (...). Le centre-ville de notre agglomération de demain, c’est un lieu où le vivre ensemble reprend le pas, où des familles de tous milieux, aujourd’hui trop rares, retrouvent leur place, où les étudiants et les personnes âgées isolées ne s’ignorent pas, etc. »
Sébastien, Nantes, 20/01/2011

« Première étape : remettre des bancs dans les espaces publics (place Royale, ou rue de Verdun par exemple ?) (...). »
Alice, Couëron, 23/12/2010

« Et si les places étaient rendues aux habitants... et si les fêtes populaires étaient remises à la mode... et si on pouvait danser tous ensemble dans nos quartiers ? »
Gwenn, Nantes, 23/02/2011

« (…) Quels repères dans la ville quand on ne voit pas (pas de feux sonores, pas d’annonce des arrêts dans les bus...) ou quand on ne lit pas ? Comment obtenir une information (retard, grève, destination de la ligne...) quand on n’entend pas ? Pourquoi l’accessibilité ne serait-elle que physique ? »
Nolwenn, Nantes, 11/02/2011
 

Retrouver une qualité de vie et un bien-être dans la ville

Par le respect des savoir-faire et du temps, par l’alimentation et l’agriculture avec la notion de circuits courts, par la reconquête des espaces publics par l’humain, par la mise en débat de la notion de revenu. Le besoin de sérénité, de recentrage sur le local se fait sentir.

« Autrefois, vivre prenait du temps... Se chauffer, s’alimenter, réparer... Aujourd’hui, notre mode de vie jetable (fast-life) met en évidence une culture perdue : celle du savoir-faire. »
Henri, Paris, 27/12/2010

« Et si on acceptait de regarder la notion de revenu différemment en ne comptant pas seulement les euros qui tombent à la fin du mois... (…) »
Frédéric, Rezé, 11/12/2010

« Et si en 2030 on ne pensait pas qu’à consommer ? »
Clément et Maxime, lycée Jules Rieffel

« J’imagine des lieux disséminés dans la ville, pour pouvoir ne rien faire… se poser, boire quelque chose ou pas, des coins silencieux, d’autres pour échanger... pouvoir changer son enfant, se connecter à internet... »
Sandrine, Nantes, 24/01/2011

« Oui, ce qui est important dans une ville, c’est aussi ce qu’on y fait quand on n’y bosse pas ! »
Guillaume, Nantes, 15/03/2011
 

Considérer l’environnement comme une question majeure

En développant les énergies renouvelables, en recyclant les déchets, en relocalisant les productions agricoles, en développant les productions bios…

« En 2030, la Terre sera encore plus polluée que maintenant car (…) l’être humain ne pense qu’à ses besoins et ne fait aucun effort pour la planète. »
Lauralie et Audrey, lycée Jules Rieffel

« Je (…) suggère que nous développions un projet agricole qui permette à l’agglomération d’être “alimentairement” indépendante. (...) »
Nadège, Sainte-Luce-sur-Loire, le 27/02/2011

« L’agriculture doit se rapprocher de la science pour permettre de subvenir aux besoins alimentaires des populations et de respecter l’environnement. Culture hydroponique, verticalité des installations, OGM en milieux confinés sont des premières solutions qui peuvent répondre aux exigences de qualité et de quantité (...). »
Romain, Nantes, 11/02/2011

« Pourquoi ne pas mettre à disposition des composts communs dans les quartiers, en organisant la distribution du compost : utilisation dans les jardins publics, don, voire revente à des entreprises paysagistes ou qui produisent du compost... »
Gwen, Nantes, 14/01/2011

« Et si en 2030 les Nantais cultivaient leurs légumes sur leurs toits ? »
Victor et Corentin, lycée Jules Rieffel
 

La forme de la ville, notamment la densification, divise les internautes, entre ceux qui insistent sur la nécessité de lutter contre l’étalement urbain et ceux pour qui le besoin de nature ou d’espace est le plus fort

« Il est plus qu’urgent de mettre fin à l’étalement urbain de Nantes (...). »
Charles, Nantes, 21/12/2010

« (…) Je ne pourrais pas supporter de sortir de chez moi dans la rue, quelle horreur ! Il me faut un jardin devant chez moi. De l’espace végétal à perte de vue tout en profitant des avantages de la ville (…). »
Marie, Saint-Sébastien-sur-Loire, 19/02/2011

« (…) Pour les enfants, rien ne remplace un bout de jardin ou un tour de vélo avec leurs copains dans un quartier où on ne craint pas qu’ils soient renversés à chaque instant. Le jour où il y aura ça en centre-ville de Nantes à un prix abordable, peut-être que les familles reviendront... »
Ma, Couëron, 14/03/2011

« Des jardins familiaux, partagés, lieux de convivialité, sont indispensables pour faire une ville durable et solidaire. Il faut donc les multiplier, les rapprocher des habitats denses. Pas de densification sans cette compensation... »
Martiao, Nantes, 08/03/2011

« Comment l’homme développera la ville en 2030 ? En hauteur ? En profondeur ? Dans la mer ? »
Jessy et Valentin, lycée Jules Rieffel
 

Réfléchir à l’identité de l’agglomération nantaise

Patrimoine architectural, place de l’eau dans la ville, appartenance à la Bretagne… sont des questions qui intéressent les internautes !

« La Loire-Atlantique est pour un tiers bretonne, un tiers vendéenne et angevine et un tiers du reste de la France et d’ailleurs. Dire qu’aujourd’hui le 44 est breton c’est nier que depuis toujours
des gens sont venus s’installer autour d’un franchissement de la Loire et d’un port (…). »
Pierre, Saint-Sébastien-sur-Loire, 24/01/2011

« La plus grande ville bretonne n’est pas dans la région Bretagne. On peut tourner les choses comme on veut, cette simple phrase est en elle-même surréaliste. »
Philippe, Nantes, 22/03/2011

« Et si la Loire-Atlantique rejoignait une supra région (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes) pour enfin atteindre une taille critique lui permettant de jouer dans la course des Länder et régions espagnoles ? »
Martine, Nantes, 11/12/2010

« Et voilà l’identité... Pourrait-on laisser franchement tomber la logique du même et de la répétition, pour une logique des flux et de la transformation ? De l’air ! C’est bien me semble-t-il ce qui est suggéré par l’idée de “ville carrefour aux influences multiples”... mais alors abandonnons la recherche d’identité, on s’en fout. Dans une ville surréaliste, l’identité est un mot à bannir, non ? »
Isabelle, Nantes, 10/03/2011

« En hommage à Jules Verne dont certaines machines font déjà partie du décor à Nantes, on pourrait s’inspirer de son style dans les habitations et bâtiments nantais. »
Blandine et Maud, lycée Jules Rieffel

« L’Ile de Nantes, la future Manhattan de Nantes et de l’Europe ! Ce serait un choix architectural fort, audacieux et original. L’endroit s’y prête vraiment. »
David, Couëron, 14/03/2011

« Nantais depuis 3 ans et amoureux de la ville, j’ai malgré tout ressenti dès mon arrivée la cohérence perdue d’une ville modelée par la présence de cette eau qui n’est plus présente. (…) La renaissance bien entamée de Nantes passera selon moi inévitablement par la recréation d’au moins une partie de ses canaux. »
Olivier, Nantes, 26/05/2011

« Avant qu’elles ne disparaissent toutes au profit d’immeubles (nécessaires, j’en conviens), il serait bien de sauvegarder quelques maisons historiques de Nantes, de créer un patrimoine immobilier, au même titre que l’on conserve certains bâtiments industriels (…). »
Alice, Nantes, 22/04/2011
 

Réfléchir à la mobilité de demain dans l’agglomération

Les internautes font de très longues contributions, très argumentées sur le sujet. La mobilité doit donc être axée sur les transports collectifs et le vélo, avec un débat tram contre métro et une aspiration forte à l’amélioration de l’existant (augmenter les fréquences, construire le réseau en rocade, baisser les tarifs).

« À quand des navettes fluviales sur l’estuaire pour toutes les communes de l’estuaire avec rapidité et respect de l’environnement ? (…) Et si Nantes devenait la première métropole où le fleuve serait un mode de transport efficace ? » Grégory, Le Pellerin, 23/03/2011

« Les embouteillages ne sont-ils pas essentiellement dus aux mouvements nord-sud et vice-versa, du fait de zones d’emploi au nord et de zones d’habitat au sud ? Si oui, n’y a-t-il pas moyen de réduire ce déséquilibre ? (…) »
Alice, Couëron, 28/12/2010

« (…) Je ne comprends pas que les pistes cyclables et les aménagements pour les cyclistes ne soient pas mieux déployés sur la ville de Nantes (…). »
Dominique, Nantes, 03/01/2011

« Et si on créait vraiment des vélos-écoles ? »
Clémence, Harmonie et Raphaëlle, lycée Jules Rieffel

« (…) Nantes était en avance en termes de transports en commun... Mais elle s’est bien endormie sur ses lauriers. Les transports en commun, c’est ce qui permet à une ville d’être dynamique. À Nantes, ils sont globalement agréables (quand on ne tombe pas sur le mauvais voisin...). On prend plaisir à prendre le tramway, par exemple.
Mais, à part cette satisfaction, le réseau est clairement vieillissant. (…) Enfin, et surtout : à long terme, une ligne de métro circulaire de diamètre ressemblant à la ligne 70, passant par Commerce, la gare et l’Île. Ligne à laquelle on relierait la banlieue parChronobus/BusWay, tram/tram-train. (…) »
Jérémy, Nantes, 15/03/2011

« Il manque un “et si” : et s’il n’y avait plus de pétrole bon marché, et que se déplacer en avion devienne totalement absurde ? Ou réservé aux très riches ? »
Cécile, Nantes, 03/02/2011
 

Réfléchir à la place de la culture comme un élément de rayonnement certes, mais qui doit diffuser dans la société et pas uniquement se baser sur l’événementiel

« Famille nombreuse, pas toujours les moyens, mais au moins deux fois par an : spectacle ou théâtre. »
Chacha, Nantes, 07/01/2011

« Pourquoi ne pas organiser un festival musical solidaire (par exemple en faveur de la lutte contre le sida) d’une ampleur internationale ? Ceci permettrait non seulement d’aider une ou plusieurs associations, mais aussi d’affirmer l’empreinte culturelle nantaise au niveau international et d’attirer de nombreux touristes ! (…) »
Paul, Sautron, 29/12/2010

« (…) Il nous faut retrouver des endroits autogérés pour faire et écouter de la musique. (…) Nantes en 2030, je la rêve pleine de vie, sans cesse bouillonnante en son centre car c’est auprès du coeur qu’on aime être... du sein jusqu’à la fin... »
Marc, Nantes, 07/02/2011

« J’aimerais plus de musique live et gratuite dans les rues, et pas que le 21 juin. La musique est encore trop enfermée, dans des salles de concert, ou à des dates bien précises. »
Stéfan, Saint-Sébastien, 24/02/2011

« Et si avec notre abonnement de Ter, on avait droit à une prestation culturelle ? et si le réseau des bibliothèques était relié aux gares ? On pourrait réserver des livres ou des CD par internet, les retirer au guichet de la gare, puis les y rendre... Et des mangas, surtout (ça cartonnerait vu le nombre de lycéens dans le train le matin) ! »
Basak, Nantes, 14/02/2011
 

Malgré la crise, le monde de l'économie, les conditions de travail, l'accès à l'emploi, sont des thèmes finalement moins abordés par les internautes…

« Intellectuel précaire est un travail atypique qui tend à se généraliser, par exemple les “free-lance”, de plus en plus au statut de travailleurs indépendants, les sociétés refusant par peur du gendarme de multiplier les CDD pour une même personne (…). »
Isabelle, Nantes, 20/06/2011

« Nous constatons aujourd’hui que la journée d’une personne est de plus en plus chargée car malgré les machines qui sont censées nous faciliter le travail, on nous impose de plus en plus d’heures. »
Amandine et Thomas, lycée Jules Rieffel

« Et si… les circuits courts concernaient aussi le monde de l’entreprise ? Rien ne l’empêche aujourd’hui !!! il faut inventer des nouveaux modes de contractualisation (…) qui redonnent place à des liens fidèles entres producteurs et consommateurs mais aussi entre clients et fournisseurs (…). »
Frédéric, Rezé, 11/12/2010

« (…) Les “inactifs actifs” vous y avez pensé ?... je veux dire les gens qui n’ont pas de statut social par un travail mais qui sont très “actifs” au quotidien et surtout ont un vrai savoir-faire qui n’est malheureusement pas reconnu par cette société construite sur la valeur travail... »
Mireille, Nantes, 10/12/2010