Les contributions libres

Les contributions libres des habitants, déposées sur le site internet, mais aussi envoyées par courrier, expriment des points de vue très divers, sur un large éventail de thèmes. Elles témoignent, toutes, de la richesse des aspirations, des attentes, des visions parfois utopiques, des satisfactions ou des insatisfactions, de la conscience des enjeux qu’ils soient environnementaux ou sociétaux. Elles révèlent parfois des aspirations qui peuvent être contradictoires, parfois complémentaires ; elles concourent au renforcement du bien-être collectif et/ou individuel, encouragent l’écoute, la coopération, et réaffirment les valeurs qui fondent l’envie et la volonté d’une ville de demain.

C comme Citoyen. Une conscience collective à faire progresser

Le bien-être dans l’agglomération nantaise n’est pas uniquement l’affaire de ceux qui la façonnent et ne doit pas se réduire aux constructions et aux aménagements futurs. La ville doit aussi incarner des valeurs, être le lieu où l’apprentissage de l’autre et le respect des valeurs trouvent leurs sources d’inspiration et de mise en oeuvre. Elle doit être aussi l’endroit de la participation active des habitants, du débat et offrir les conditions d’exercice de la démocratie participative en y intégrant les nouvelles formes de communication.

  • Ainsi, les enjeux économiques et sociaux liés à l’accès au travail pour les femmes sont l’objet de sollicitations fortes et argumentées : mettre fin aux inégalités hommes / femmes en donnant la capacité aux femmes de travailler, de choisir leur temps de travail ; continuer à promouvoir la réduction des écarts de salaires, mettre fin à la précarité des femmes seules et retraitées, passer de l’égalité dans la loi à l’égalité dans les faits considérant qu’une femme qui travaille participe à l’effort collectif pour la solidarité.
  • Ainsi, les enjeux de partage et d’intégration font l’objet de propositions : favoriser l’ouverture, l’interculturalité, la multiculturalité, le brassage en créant un salon littéraire, un festival pour promouvoir les artistes étrangers et les artistes nantais polyglottes ; créer une maison des rituels républicains, qui accueillerait les cérémonies de mariage, de parrainage, et d’obsèques pour tous les citoyens qui ne souhaitent pas un rituel religieux (lieu ayant aussi pour fonction de forger et de diffuser les valeurs de la  république) ; permettre, au moyen d’un équipement sportif et culturel de grande ampleur (exemple : «   l’Arena Grand Ouest » qui permettrait d’accueillir plus de 10 000 spectateurs pour des événements exceptionnels), des moments de ferveur collective, concevoir de nouveaux indicateurs de succès, inventer une maison pour tous dans chaque ville (tous publics, tous thèmes, toutes matières… un lieu d’écoute, d’échanges, ou l’on trouve certes des renseignements mais aussi et surtout où l’on vient à la rencontre de l’autre) ; aller au-delà de la démocratie représentative actuelle ; renforcer et générer des espaces d’expression libre ; transformer le code de la route en code de la rue en inversant la hiérarchie des priorités entre piétons, vélos, 4x4, bus… et créer de véritables « vélos-routes » ; inventer un réseau de médias citoyens, supports à une citoyenneté active sous-tendant des applications multiples (culturelle, artistique, informationnelle) et engageant un rapport non marchand à l’information. Pour cela, il convient de prendre le temps de se doter d’un outil d’observation et de mobilisation de ces médias.

…Notre avenir se construit aujourd’hui avec chacun et chacune d’entre nous ! …
Martine A.

H comme Harmonieux. Un cadre de vie idéal à préserver

Quand ils se projettent dans la métropole nantaise de 2030, les contributeurs placent au centre la qualité de vie « à la nantaise ». Même s’ils se montrent flatteurs avec le cadre de vie dont ils bénéficient aujourd’hui sur le territoire, ils manifestent avec force la nécessité de poursuivre les efforts et d’aller plus loin, vers encore plus de confort, d’équilibre, de quiétude, de divertissements, de rencontres, d’entraide… bref, de bien-être.

Pour y parvenir, les ingrédients sont bien identifiés. Il nous faut : de l’espace (créer un centre-ville piéton et cycliste, développer des espaces de convivialité, de rencontres, de promenades, construire des logements à proximité des bureaux… et, inversement, donner la possibilité à chacun dans l’agglomération d’en rejoindre le centre en transports en commun), du vert (planter des arbres fruitiers, organiser des cueillettes urbaines, développer les toitures végétales et potagères, dessiner des anneaux forestiers dans la ville, éveiller les enfants à leur environnement), de la mémoire (sauvegarder notre patrimoine, créer un musée des techniques qui rendrait hommage au passé industriel de l’agglomération), de la solidarité (faciliter l’accès aux services publics, augmenter le nombre de places en crèches et optimiser l’organisation de modes de garde adaptés aux modes de travail d’aujourd’hui et de demain, savoir accueillir les personnes étrangères, revaloriser la place sociale des personnes âgées, créer des structures d’hébergement d’urgence pour les adolescents en proie à des problèmes familiaux), du temps (limiter l’usage de la voiture, redonner, sur la chaussée, la priorité aux piétons, aux cyclistes, aux rollers) et beaucoup d’eau (redonner toute sa place au fleuve, refaire passer l’Erdre au coeur de l’agglomération, aménager les bords des cours d’eau pour la promenade, faire du pédalo sur la Loire…).

…Faisons nôtre ce slogan : nous nous baignerons dans la Loire à l’horizon 2030 !
Et pourquoi pas des pédalos et des odeurs de crème solaire ? …
Jean-Christophe B.

N comme Naturel. Des enjeux environnementaux à replacer au centre du développement de la métropole

Pour les contributeurs, projeter l’image de la ville ne peut se faire sans une prise en compte des enjeux environnementaux.
La question environnementale est traitée de façon intense et suscite de nombreuses réflexions. Il s’agit de « mettre la ville en phase avec le développement durable » pour améliorer la qualité de vie de chacun, en repositionnant l’être humain au centre des raisonnements.

  • Les enjeux environnementaux sont l’affaire de tous et l’on doit tendre à une modification des gestes du quotidien tels que : utiliser les eaux pluviales pour nettoyer les rues, instaurer la pesée embarquée pour les déchets, généraliser le compostage à domicile et au pied des immeubles, renforcer le tri des déchets pour déployer la méthanisation et la production de gaz, implanter des ateliers de production d’objets de « seconde vie », limiter les déchets (notamment les papiers en interdisant la pub), collecter les déchets en triporteurs dans l’hyper centre-ville, réinventer le balai pour ramasser les feuilles, éteindre les écrans de publicité des magasins la nuit, instaurer une taxe pour les véhicules « dinosaures » du centre-ville, promouvoir la sobriété énergétique pour contribuer à un véritable renouveau créatif.
  • Parallèlement, d’autres suggestions sont exprimées pour la préservation et l’amélioration de l’environnement : se réapproprier la Loire et ses berges, optimiser tout son potentiel (attractif, touristique, économique, de loisirs, sportif, culturel), offrir la possibilité de longer à vélo des routes bordées de potagers assurant la vente de légumes et de fruits, renforcer les politiques de sensibilisation et les enseignements abordant le thème du développement durable auprès des jeunes publics.
  • Des habitants proposent aussi des aménagements alliant efforts environnementaux et urbanisme : interdire les toitures nues (chaque maison devra créer l’équivalent de son emprise au sol en jardin de toiture), végétaliser les immeubles d’affaires et les équiper de collecteurs d’eau, dissimuler les bâtiments sous un matelas de verdure, rendre la ville aux piétons et instaurer un système de déplacement intermodal efficace.

… Une ville qui fonde son échelle sur l’usage de l’automobile n’est bien évidemment pas durable. En fondant sa mobilité sur le pétrole, elle rend la population dépendante à cette ressource et vulnérable à sa raréfaction…
Victor M.

P comme Paradoxal. Des aspirations contradictoires à concilier ou à assumer

Les attentes individuelles et les aspirations collectives s’énoncent parfois en complémentarité ou en contradiction. La conciliation de ces points de vue, selon la sensibilité de chacun, peut être source de satisfaction, d’espérance ou bien d’agacement voire d’angoisse.

  • Certains souhaitent une densification du tissu urbain grâce au développement de l’accessibilité du centre-ville de Nantes (tout en le libérant des véhicules bruyants pour bénéficier d’un environnement apaisé) et à l’implantation d’un métro nantais ou un VAL  (Véhicule Automatique Léger), d’autres préconisent un desserrement de la ville par le développement d’un réseau en étoile de transports collectifs, en direction de l’ensemble des communes de la métropole qui desservirait le périphérique de porte en porte, et par la création d’un rempart vert autour de la ville qui ralentisse son rythme et ses forces centrifuges.
  • On note aussi des aspirations à la modernité et au changement qui semblent s’opposer au désir de conserver les traditions, l’acquis, les équilibres : valoriser et allier patrimoine et culture industrielle locale avec la création d’un musée des techniques ; rendre à  l’agriculture le site de l’aéroport ; conserver l’identité à la nantaise et reconsidérer la place de Nantes avec la Bretagne ; affirmer la place de Nantes à l’international ; faire fructifier les imaginations et la création…

…Et si on refaisait passer l’Erdre cours des 50 Otages, autour de l’Ile Feydeau et devant le château… ?
Charles C.

…Le cours des 50 Otages, la place Graslin, les cours Saint-Pierre et Saint-André, autant de grands espaces qui pourraient être aménagés en lieux d’animations, de verdure, d’art et de culture, de chapiteaux vantant les produits du terroir, et cela tous les jours…
Jean-Louis R.

U comme Utopique. Des idées créatives et innovantes à rendre possibles

Dans les années 80, quand on se projetait en l’an 2000, on imaginait aisément des voitures qui volent et des vacances dans  l’espace… et un peu moins des téléphones portables, Google… Aujourd’hui encore, certains habitants de l’agglomération nantaise semblent très inspirés par l’exercice de la projection dans le temps. Au travers de leurs contributions, on voit se dessiner une métropole nantaise en 2030 futuriste, innovante, créative, décoiffante souvent… utopique parfois. Désormais, en termes de modes de transport, le temps n’est plus aux voitures volantes mais aux aérocycles (vélos suspendus par des câbles, qui, à la manière des tyroliennes, permettraient de traverser la ville en quelques minutes), aux tapis roulants qui sillonnent l’agglomération comme les bus et les tramways le faisaient dans les années 2010 et aux tricycles à piles combustibles. En 2030, la vie quotidienne des habitants de l’agglomération nantaise a bien changé. Des drones volants télécommandés par Wifi livrent le courrier, les colis, les courses et les pizzas. Un dôme « high » en résine thermoplastique recouvre une partie de la ville, protégeant ainsi les habitants et leurs logements des aléas climatiques. Tous les six mois, l’agglomération nantaise est en fête quand les habitats-mobiles-éléphants, montés sur chenilles, débutent leur transhumance saisonnière, au bon gré de leurs occupants, vers une nouvelle parcelle de terrain, au centre-ville de Nantes, sur les bords de Sèvre… C’est en redonnant toute leur place aux jeunes et à leurs idées neuves, en faisant confiance aux nouveaux talents et en permettant la création d’un réseau de médias citoyens fort que toutes ces innovations ont été rendues possibles. Désormais, bien loin des indicateurs matériels de richesse d’antan, l’agglomération nantaise mesure son dynamisme et le bien-être de ses habitants au travers d’indices de succès qui replacent l’humain au centre, comme la sérénité, la joie de vivre…
Un scénario futuriste et… envigeable ?

…Rien n’interdit de rêver l’avenir et la plus sûre manière qu’il puisse peut-être un jour se réaliser est d’en faire partager le désir…
Walter B.