8. Du quartier au Grand Ouest : quelles bonnes échelles pour agir ?

Les défis économiques, sociaux, climatiques interrogent les marges de manoeuvre des territoires. Dès lors, quelles capacités d’actions des villes demain ? Quels modes de décisions à l’échelle du quartier et de la métropole ? Quelle forme de coopération en réseau avec les collectivités et les villes du Grand Ouest ?

Ce que vous nous avez dit

(Enquête, entretiens, réunions, commentaires des internautes… réalisés lors de la première étape de "mise en mouvement" de Ma Ville Demain)

À l’échelle du quartier, les habitants de l’agglomération souhaitent pouvoir s’exprimer et que leurs avis soient pris en compte. Ils ont conscience de l’importance de l’intérêt général (29 % des habitants citent spontanément les valeurs civiques concernant les valeurs à conserver à tout prix dans la ville) et pensent qu’on peut agir localement.

D’ailleurs, un des atouts de la métropole nantaise ressorti des contributions est la capacité des acteurs à travailler ensemble sur le territoire. De surcroît, cette idée est confortée par le fait que 45 % des habitants mettent en avant les valeurs humanistes (échange, partage, esprit d’entraide, intégration et solidarité), comme des valeurs à conserver dans l’avenir.

Toutefois, des améliorations sont à prendre en compte, notamment un renforcement des relations entre les acteurs institutionnels et les associations et l’instauration d’un dialogue plus poussé avec les entreprises. De plus, les acteurs et les habitants ont globalement confiance en leurs collectivités et ont une bonne image des services publics. Ils ont aussi conscience des contraintes financières qui pèsent sur les capacités d’action de la force publique. Les paroles d’acteurs convergent vers la nécessité de poursuivre des coopérations de projets avec les territoires voisins, que ce soit en direction de Saint-Nazaire ou de Rennes par exemple.

Le contexte local et les alternatives

Suite à l’évolution des bassins de vie, les périmètres d’action des collectivités sont remis en cause. À titre d’exemple, l’aire urbaine de Nantes compte aujourd’hui plus de 100 communes, bien plus que les 24 communes de l’agglomération nantaise. Face à cela, les coopérations entre les collectivités deviennent une nécessité afin de répondre au mieux aux attentes de ces habitants et de peser sur les décisions européennes et mondiales de manière efficace.

La mise en place de projets structurants pour tous (enseignement, technologie, déplacements etc.) nécessite souvent la constitution de coopérations entre intercommunalités voisines. La métropole Nantes Saint-Nazaire, l’Espace métropolitain Loire-Bretagne (Nantes, Rennes, Angers, Brest et Saint-Nazaire) et la coopération Nantes-Rennes en sont des exemples significatifs.

Comment organiser la gouvernance de ces grands territoires ? Qui fédérer parmi les acteurs institutionnels, politiques, économiques et sociaux, experts du territoire ? Quelle voix pour les non-résidents qui vivent la métropole au quotidien ?

Qu’il s’agisse du Grand Ouest ou du quartier, la place du citoyen est centrale. On constate une généralisation de la démocratie participative avec la multiplication de propositions sur les territoires. À titre d’exemple, sur l’agglomération nantaise où il y a une culture du dialogue bien ancrée : un Conseil de développement, assemblée de citoyens libres et autonomes, a été créé ; 17 communes ont mis en place des Conseils de quartiers ; 7 Conseils des sages et 7 Conseils des jeunes ont été institués.

Par ailleurs, les taux d’abstention aux élections qui progressent et une participation fluctuante aux réunions de quartier interrogent l’évolution de nos modes de vie, de nos systèmes politiques et de nos engagements. Comment concilier la proximité ou le temps démocratique avec l’intérêt général et le long terme ? Peut-être faut-il créer et soutenir de nouveaux modes de relations de proximité ?

Outre la question des échelles d’intervention, la capacité d’action des collectivités est à considérer. Suite à la crise financière et compte tenu du niveau de la dette publique, elles ont des marges de manoeuvre contraintes et elles sont confrontées à des nouvelles questions. Quelle place accorder aux services publics ? À quel coût, pour quel niveau de services publics ?

Pistes de débats…

Quelle citoyenneté pour la métropole demain : citoyen d’agglomération ? citoyen du Grand Ouest ?
Comment inviter les citoyens à mieux participer aux prises de décision ?
Comment développer et soutenir les capacités des citoyens à être force de proposition ?
La place de la société civile dans la vie de la cité ?
Comment entendre ceux qui s’expriment le moins ?
Faut-il rendre le vote obligatoire ?
Technologies de l’information et de la communication (TIC) et démocratie ?
Comment concilier décision de proximité et stratégie métropolitaine ?
Plus d’impôts locaux pour plus d’actions locales ?
La démocratie participative est-elle une affaire d’initiés ?

Le saviez-vous ?

  • 52 % des habitants de Nantes Métropole déclarent être ou avoir été adhérents d’une association.
  • 38 % des habitants de Nantes Métropole déclarent avoir déjà participé à une réunion de quartier.
  • Taux de participation aux élections législatives de 2007 = 60,7 %
  • Taux de participation aux élections municipales de 2008 = 59,5 %

Source : Enquête Auran 2010 « Nouveaux regards sur les modes de vie »

Les contributions

L'association sébastiennaise Cap à Gauche a organisé une réunion débat sur la place du citoyen dans la démocratie locale et nous fait partager son compte-rendu

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Equipe Ma Ville Demain, Nantes, le 03/10/2011 13:43

Dans le cadre de Ma Ville Demain, M. Guilmaud a écrit 4 nouvelles, dont l'une traite de la laïcité.
Découvrez-la !

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Equipe Ma Ville Demain, Nantes, le 10/10/2011 17:39

Le premier échelon pour agir et renforcer les solidarités doit être le quartier. Ce quartier doit avoir un cœur palpitant: la place. Attention, la place et non le parc: la place est aménageable, peut accueillir des évènements...Par fonction le parc ne peut assurer ses fonctions!

Oui, la place est essentielle, car elle est un lieu de rencontre, d'évènements, de festivités et favorise l'expression des individus, des associations, les relations commerciales... Il faut donc les sanctuariser (supprimer les routes, accès handicapé...) mais aussi en créer.

Or, la place a trop souvent été négligé, complètement oubliée au détriment de grands boulevards automobiles. Preuve en est: on est obligé de fermer à la circulation le boulevard des Américains et la Rue Chanoine Poupard pour les marchés!

Ainsi, on a détruit un centre névralgique de la vie sociale et pour tenter de le retrouver, on bloque des rues et boulevards au risque de charger en circulation d'autres axes qui sont soumis au bouchons.

Deux solutions complémentaires entre-elles peuvent être apportées.

La première est qu'il faut sanctuariser des places existantes (suppression des routes qui les traversent, les rendre accessibles aux handicapés et aux évènements du quartier comme aux marchés...). En ce sens, la place Royale et la place Graslin sont des avancées éclatantes, mais ce mouvement se concentre essentiellement dans le centre. Il est donc nécessaire de l'étendre à toute l'agglomération. seulement, pour trouver un juste équilibre avec le trafic automobile, il faudra faire des compromis entre voiture et place.

Deuxièmement, il est nécessaire de recréer des places. Pour cela, il faut accepter que certains endroits où se dressaient une maison, un immeuble ne soit pas reconstruit ou reconstruit de manière différente pour laisser place à la place.

Oui, cette deuxième solution est très difficile à mettre en œuvre et demande de repenser entièrement les circulations dans la ville. Mais cet effort sans précédent permettrait de replacer l'Homme au cœur de la ville, de retisser un lien avec son quartier et nouer des solidarités une entraide entre voisins.
 

PA, NANTES, le 05/11/2011 02:04

Etre plus écolo qu'avant.
Il devrait y avoir une meilleure coordination sur l'offre et la demande du travail. Cela réclame parfois de la mobilité.
Mettre en plan des logements pour les travailleurs (les hôpitaux le faisaient bien, ainsi que des grandes entreprises).
une meilleure coordination entre departement du grand ouest à définir.
Mettre à dispo des crèches.

MARCCO, nantes, le 28/11/2011 18:19

Pourquoi la question de la Réunification de la Bretagne n'est elle pas posée ? Il semble pourtant qu'il s'agisse un sujet au quel s'intéressent les habitants de Loire-Atlantique.
De plus un tel événement ne serait pas négligeable pour l'avenir et le développement de la métropole nantais !

Yves, Nantes, le 04/12/2011 18:22

Juin 2031. Emma était satisfaite : sa candidature avait été acceptée, malgré la forte concurrence et les conditions d’accès drastiques. Il faut dire qu’avec ses nouveaux quotas visant à limiter la place des jeunes et des femmes au sein des instances de participation et de concertation de la métropole, ses chances étaient limitées. Dans les prochaines semaines, elle allait - avec d’autres citoyens - s’investir bénévolement, débattre, partager ses idées et donner son avis sur des grands projets métropolitains, sur les transports, sur l’habitat, l’emploi, la formation supérieure…

Un mois plus tôt, dans le hall, en attendant qu’on l’appelle pour le jury d’oral, un homme âgé lui avait expliqué qu’il avait lui-même participé à l’initiative des années 10 intitulée « Nantes 2030 », et que, ça y est, on y était arrivé. Il venait pour « l’évaluation » et était persuadé que sa grande expérience pouvait enrichir les instances participatives métropolitaines. En outre, il avait cru bon d’ajouter qu’en tant qu’homme âgé de plus de 60 ans, il avait statistiquement plus de chance qu’elle.

Tandis qu’il lui parlait, Emma avait aperçu son amie Sumeya, alors qu’elle grimpait les marches quatre à quatre vers la salle de jury D. Elle affirmait pourtant à qui voulait bien l’entendre qu’elle préférait garder ses idées pour elle et prétendait que de toute façon, elle n’avait rien à dire. Léonie l’avait appelée rapidement le lendemain de son oral et lui avait raconté comment elle s’en était sortie. Elle s’était rendue compte un peu tard qu’elle avait sans doute trop parlé de ses intérêts personnels et savait déjà qu’elle serait boulée.

La présidente de la CCI avait compris depuis longtemps qu’elle se devait de présenter un peu moins de candidatures féminines pour essayer de faire place à plus de parité parmi ses représentants aux instances de concertation.

Nul ne pouvait dire de façon précise à partir de quand la situation s’était inversée. Il faut rappeler qu’à l’époque, les hommes de plus de 50 ans étaient surreprésentés dans les conseils de quartier, comités consultatifs et conseils de développement. Différentes versions circulaient. On relatait notamment qu’à l’occasion d’un débat public Ma Ville Demain à l’automne 2011, une jeune femme de 17 ans avait lancé à travers la salle - après dix minutes de monologue d’un homme érudit et expérimenté - un sonore et irrévérencieux « Ta gueule papy ! En 2030, tu seras mort ! ».

En 2014, grâce aux commissions « sandwich/boisson », les femmes avaient largement profité de leurs pauses déjeuner pour venir apporter leurs idées. Les jeunes, après les mouvements nationaux de l’hiver 2012, avaient investis les instances participatives et ne les avaient pas boudés depuis plus de 15 ans. Ils avaient pris quelques années au passage et d’autres jeunes étaient venus grossir les rangs des citoyens actifs. Les règlements avaient dû être modifiés : aucun cumul au sein des instances participatives et pas plus de deux mandats consécutifs. Globalement, les hommes ayant dépassé la cinquantaine étaient sortis grands perdants de ce jeu de chaises musicales. Qui plus est, personne ne prit soin de leur demander leur avis.

En 2026, la Présidente de Nantes Métropole avait été élue au suffrage universel direct pour son second mandat et avait décidé d’agir en mettant en place une politique de discrimination positive permettant aux retraités métropolitains et aux hommes de se faire entendre.

En 2031, pour construire la ville de demain, il fallait toujours autant d’ouvriers.
 

Soizic, Nantes, le 11/12/2011 21:15

Découvrez une contribution déposée au kiosque Nantes 2030, Place du commerce, par un Nantais.

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Mis en ligne par l'Equipe Ma Ville Demain, Nantes, le 15/12/2011 15:49

Retrouvez une contribution du réseau démocratie locale, constitué des agents des communes de l'agglomération nantaise en charge de la participation citoyenne.

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Equipe Ma Ville Demain, Nantes, le 16/02/2012 12:26

Découvrez ce dialogue fictif entre une citoyenne et un conseiller de quartier, inventé par le réseau démocratie locale, composé des agents des communes de l'agglomération en charge de la participation citoyenne.

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Mis en ligne par l'équipe Ma Ville Demain, Nantes, le 16/02/2012 12:50

La commune de Saint-Sébastien avait organisé à l'attention de l'ensemble de ses instances participatives une rencontre sur la place de la société civile dans la vie de la cité. Découvrez sa contribution!

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Mis en ligne par l'équipe Ma Ville Demain, Nantes, le 22/02/2012 16:59

Les élus et fonctionnaires de la commune de Saint-Sébastien ont formalisé une intéressante contribution sur la démocratie participative.

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Mis en ligne par l'équipe Ma Ville Demain, Nantes, le 22/02/2012 17:00

Je trouve triste que les promoteurs nantais rachètent les maisons individuelles pour construire des bâtiments en béton, sans espace vert. C'est ce qui va se passer aussi sur le terrain du collège de la Chavagne à Nantes, les bois classés vont céder la place à un nouveau gymnase. Triste sort des espaces verts dans cette ville. Qu'est-ce qui reste à nos enfants? Que du béton et nos histoires sur les arbres, les oiseaux qui chantent....Est-ce qu'il y a moyen d'agir?
 

zsuzsanna, nantes, le 24/02/2012 14:40

La commune de Carquefou a réuni un groupe d'habitants volontaires pour plancher sur 2030. Au menu : circuits courts, solidarités, individuel et collectif, citoyenneté. A découvrir aussi dans les questions 2, 6 et 7

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Mis en ligne par l'équipe Ma Ville Demain, Nantes, le 01/03/2012 11:31

Les élus carquefoliens ont réfléchi à la citoyenneté locale en 2030. Pour lire leur contribution, cliquez sur le lien ci-dessous

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Mis en ligne par l'équipe Ma Ville Demain, Nantes, le 01/03/2012 11:33